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Jeudi 27 juillet 2006
Les vacances sont désormais obligatoires. On dit en Italie "è d'obbligo" si l'on n'a pas le choix de faire ou de ne pas faire. Et tel est bien le cas des vacances. Elles doivent nécessairement occuper les congés de toute personne dont la position sociale est convenable. Tout a commencé en France avec l'été 1936. J'entends dire que la revendication des gens n'était alors pas là. Ils ne demandaient pas tant des congés (inconnus, pourquoi les auraient-ils désirés ?) que de meilleures conditions de travail et sans doute de meilleurs salaires. Les congés payés sont arrivés comme le bonheur, c'est-à-dire ce qui advient de surcroît, qui, sans avoir été ni attendu ni recherché, comble celui qu'il touche. Et naturellement, les congés sont devenus désirables, puisque chacun court après le bonheur. Et voilà que nous nous sommes transformés en ces hordes se déplaçant sur les routes en voitures brinquebalantes, aujourd'hui en avions, TGV, etc. vers des lieux que la publicité enrobe de charme... et retrouvant là l'ennui qui nous envahissait ici. Que celui qui n'a jamais été déçu par ses vacances (après solide introspection) me jette la première pierre ! Aujourd'hui, les vacances sont devenues le casse-tête dont tous les solitaires font leur souffrance majeure de l'été, dès lors qu'ils en ont mesuré les limites d'expérience. Ils n'oseraient pas "rentrer au bureau" et dire qu'ils sont restés chez eux pendant leurs congés ! Je dois à MH de m'avoir soufflé cette idée qui mûrissait doucement sans se dire. Son blog est forcément à lire, http://hillmar.blogspot.com/ Rien n'interdit naturellement de calculer tout ce que le PIB doit au tourisme et de traiter d'imbecile le rédacteur de ces lignes. Mais est-il bien nécessaire d'être, aussi en vacances, le petit travailleur infatigable qui augmente la productivité nationale ?
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Mercredi 26 juillet 2006
Elle empêche de penser. Comme le prouvent les corps vautrés sur les plages l'été, les immeubles en béton de la Costa Brava, tous les équipements conçus pour le tourisme de masse. Qui supporterait cela sinon ?
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Vendredi 21 juillet 2006
Nous sommes souvent dans la dérision à propos de cette initiative ("Paris plage"), qui ressemble tant à l'idée de "mettre les villes à la campagne" , sommet d'humour absurde et profond comme les meilleurs mots d'esprit. Mais connaît-on tant de campagnes (plages) qui ne soient pas en ville désormais ? Les bruits des voitures, les odeurs de merguez, les vendeurs de glace, les radios, les portables frôlent partout les plages et lèchent les vagues ; du moins partout où de robustes dunes n'éloignent pas la "civilisation". Donc à peu près partout. C'est de cet oeil que j'ai longé ce matin "Paris plage" ouvert depuis hier, rive droite, puis rive gauche, en passant par la récente passerelle S. de Beauvoir. J'ai vu une colonie de vacances et de douces petites filles sommées de passer un bon moment sous les brumisateurs avant d'aborder la plage, une femme qui marchait, les pieds nus et nonchalente, vêtue d'un maillot de bain disgracieux qui ne dissimulait rien de son corps disgracié. J'ai entendu des jeux, des rires et des cris d'enfants qui dominaient le fracas des voitures immobilisées, rageuses, sur les quais du dessus, des corps alanguis sur d'authentiques transats, des photographes amateurs, des reporters TV, des oiseaux étonnés et peureux... J'ai vu une étonnante vieille femme qui arpentait la voie sur berge, lardée de bijoux, bronzée jusqu'à l'os, endimanchée, son corps, mince et délabré, comme offert à qui veut. Je la connais : tous les dimanches, sur les quais livrés aux piétons, elle procède au même cérémonial, elle marche seule,elle sourit, ravie, déçue, touchante. Elle arpentera Paris plage tous les matins, éperdue d'attente, pour sûr. Les plages offrent le même spectacle aux yeux scrutateurs. Un instant, j'ai cru sentir l'air de la mer.
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Vendredi 21 juillet 2006
Etrange matinée sur France Culture et son 7/9 qui dit à Nicolas Demorand tout le bien qu'on pense de lui. Au détour de ce concert d'éloges, on entend comment cette étonnante chaine est trustée par les normaliens et quel festival de diplômes s'y agite au quotidien. Les "chroniqueurs" se permettent même de raviver le souvenir de conflits ignorés de la plupart, Ulm contre St Cloud, le bon vieux temps. Et le paradoxe (mais en est-ce un ?) est que cette même chaîne est celle qui a la plus grande capacité d'écoute, celle seule sur laquelle on entend la voix des "petits", des "sans grades" aussi longtemps que nécessaire pour qu'ils disent ce qu'ils sont, ce qu'ils ont à dire, la seule chaîne sur laquelle ils ne sont pas la simple illustration des thèses de l'idéologie ambiante, le drapeau brandi par les thuriféraires de telle ou telle toquade en preuve de leur prétendu ancrage dans la "réalité". Et si certains considèrent que j'exagère (je pense par exemple à ceux qui prétendent que France Culture serait trustée "par les juifs", car je les ai entendus, ou par telle ou telle "idéologie"), ma parenthèse précédente suffit presque à les disqualifier. L'intelligence et l'écoute sont forcément a-patrides, a-thées, pure ouverture aux autres. Si la chaine ne l'est pas assez, que l'on me cite celle qui l'est davantage ! Et que l'on me dise comment qui que ce soit pourrait l'être "absolument" ! Je milite peu, mais si l'on menaçait France Culture de disparition, je serais dans la rue. Ma seule crainte est que Radio France ne s'en doute et ne fasse mourir France Culture tout doucement, par microscopiques étapes. Déjà les émissions sont moins longues que naguère, où l'on n'hésitait pas à donner 3 heures à quelque auteur, acteur, artiste, grand bonhomme. Mais bon, cela va encore... Reste une énigme : France Inter va-t-elle attirer les auditeurs des matins de France Culture ? Ce glissement contribue-t-il au noir dessein ? Je n'irai pas sur France Inter... quelque regret que j'en éprouve pour le grand petit-Nicolas. (A suivre...)
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Jeudi 20 juillet 2006
La quantité infinie de savoirs étalés dans les média donne le vertige. Sans le recul dont pourtant il est facile de disposer, c'est à croire que tout est connu, tout se sait. Sauf que, depuis trente ans seulement, tout a été dit et son contraire. J'ai en tête que si les nourrissons dorment sur le ventre, ils mourront. Il y a 30 ans, dormir sur le ventre était un gage certain de belle nuit pour bébé. La sciatique a immobilisé naguère, aujourd'hui il faut bouger. Finalement, entre notre hyperscience et les errements de la période antérieure aux Lumières quelle différence? Aujourd'hui tout est vrai, hier tout était signe. De la même façon, il se trouve toujours quelqu'un capable de démontrer ce que l'on veut. Triomphent ainsi les idéologies. Mais la vérité court toujours. Et la sagesse derrière.
par Them publié dans : mes-aphorismes
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