J'apprends que les enseignants (enfin, leurs représentants) scandalisés, auraient saisi la commission nationale de l'informatique et des libertés, cette chère Cnil, pour savoir dans quelle mesure
ce site :
http://www.note2be.com/note2be.html
ne serait pas comme une atteinte effrayante à leur privacy.
De quoi s'agit-il ? Pourquoi ce ramdam ? Il s'agit d'une évaluation des enseignants, effectuée à l'initiative des élèves. Et ils donnent des noms. De quoi trembler en effet.
Mais au fait, lynchent-ils ?
Le créateur du site, précisant que la moyenne des notes est de 15, conclut joyeusement que si les élèves se donnent la peine de noter leur prof, c'est pour en faire l'éloge. Impossible en
ce moment de vérifier : le site est asphyxié par la surabondance de demandes d'accès. Je verrai plus tard si j'ai ici colporté des inexactitudes.
Ah ! le sourire de tous ceux que l'école a un jour cassés par un jugement invérifié, "orientés" dans l'opacité la plus totale (pour eux), ceux qu'elle a blessés à vie, même quand cela n'a été
d'aucune conséquence (sinon pour leur "ego").
Travaux pratiques :
N., par exemple : aujourd'hui ultra diplômé et cadre supérieur, N. a dû jadis passer par les mains d'un psychologue scolaire prié par un professeur de confirmer (et il l'a fait allègrement) que
N. ne pouvait pas espérer atteindre seulement le niveau du bac et devait être "réorienté", faute de disposer des moindres aptitudes littéraires ou scientifiques.
N., une bûche ?
Yes !
La bûche.
Mais N. n'aurait pas noté sur note2be.com ce prof pour le moins mal avisé puisque on ne va sur ce site qu'en ardent thuriféraire. Et il est vrai que les N. sont
trop blessés pour se défendre et sans doute trop convaincus qu'il a raison le prof !
Tout ça pour ça ? Les enseignants ont de ces frilosités !
Ce matin j'entends parler du momentum, à tout bout de champ, à propos des résultats du "super tuesday". Contrairement à ce que je pensais, momentum, en anglais (si l'on
peut dire), n'évoque pas le moment et le temps, mais le mouvement, l'élan. C'est la "quantité de mouvement" des physiciens qui, avec l'accélération, sur un plan incliné, fait boule de neige (en
février c'est normal).
C'est, par métaphore, l'élan ou la victoire qui vole au secours de la victoire.
Et moi qui croyais que les commentateurs américains attribuaient sa victoire à celui (celle) qui avait pu le mieux saisir le "kairos" (moment opportun) ! Que nenni ! Ne confondez
pas le kairos et le momentum !
Aux yeux de mes spécialistes des élections, les candidats dansent avec leurs électeurs, leur promettent un temps-qui-vient aux couleurs de leurs rêves mais ne songent pas du tout à s'emparer
du "kairos"... Les candidats sont boules qui roulent et, momentum aidant, amassent plus ou moins. Un élan les pousse, d'autant plus fort qu'il a déjà été confirmé dans la
primaire précédente, d'autant plus appuyé qu'il a déjà réussi...
Décidément, le Nouveau Monde raisonne (compte) en poids et mesure, en mouvement, en accumulation, en richesse ; d'ailleurs on n'y prête qu'aux riches et la victoire y va à la
victoire. Le moment opportun, mon intraduisible kairos grec sont vraiment enracinés dans notre très vieille Europe. J'aurais dû m'en douter. Mais voici qu'aussitôt je me
demande qui connaît encore ici le kairos (et Aristote...) et quel rôle il conserve dans la vie publique.
My God !
par Them
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Je parle ici du temps (lontain) où ma vie me paraissait mériter écriture et mon écriture éventuelle célébrité.
Je pris donc belle plume et beau cahier car, en ce temps-là (lointain, disais-je), point de traitement de texte.
Faute de maîtriser l'art de Sterne (Tristram Shandy), je ne pus que vouloir commencer au commencement, pas avant. Il fallait donc poser d'abord résolument le fameux "Je suis né"
; ce que je fis en grand émoi ; puis je réfléchis. Je mis un point, distraitement, comme d'attente.
Or ce point fut final, de me laisser en état de sidération devant la révélation que, sans plus de précision, le "je suis né." est une impasse, un impensé, un impensable, un tourbillon :
comment être "je" au moment du commencement , avant le verbe ?
Qui suis-je ?
Ne me fallait-il pas avoir été moi-avant-que-d'être-moi pour être "né" ? La plupart contournent l'obstacle en affirmant qu'ils sont né le ... (date de naissance) où né
à... (lieu de naissance) ou né de... (parents).
J'accordai que cela désigne que notre existence est insignifiante si elle n'est d'abord sociale et bla bla bla... Mais pour moi qui ne voulais alors parler que de moi,
et de ma superbe Identité, il n'y avait aucune ressource et aucune solution ; la page fut plantée-là et j'abandonnai.
Moi ?
Rien de plus ou d'autre que les autres. D'alleurs aussi velléitaire que la plupart ! Basta.
Depuis cette tentative écrivaine avortée je prête toutefois une vive attention aux autobiographies, à la manière dont d'autres se tirent du hic qui a suspendu ma plume.
Et voici que je trouve deux pirouettes.
Celle de Jo-Wilfried Tsonga qui, à un journaliste lui demandant s'il ne finit pas, à force de voir mentionnée sa ressemblance physique avec Muhammad Ali, par se demander "qui suis-je
?", répond "je suis là et je ne l'ai pas volé".
Celle (ma préférée bien entendu) du maître zen qui rétorque : "Je ne suis pas encore né".
Il tient le (bon) bout.
Au fait, qui êtes-vous ?
Je lis le rapport Attali, merci de ne pas me déranger !
(
Pourquoi ? Lisez l'entretien qu'Attali a accordé au
Monde récemment : il dit avoir déterminé ce qui doit être fait pour retrouver la croissance, réduire le chômage des
jeunes etc., et ce entre avril 2008 et juin 2009. Comment du coup n'avoir pas envie de lire (au choix) notre agenda des mois prochains - sueurs et larmes garantis, mais comme ce qui advient au
violoniste débutant avant de briller virtuose - ou la faillite du sarkozysme. Car il n'y a aucune solution alternative, dit-il.)
Bravo Monsieur Attali, sur le papier du moins, jamais vu pareille prise en tenailles d'un président !
Je rends ici à Anna ce que je tiens d'Anna.
par Them
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Voici les vitrines d'un magasin spécialisé dans les produits de beauté. Si étonnant que j'ai pris le temps de photographier.
Et puis celui de comprendre.
On voit où se situe le pouvoir d'achat, et comment va la démographie de doulce France !
Dommage pour ceux (celles) qui pensaient que cette boutique faisait l'éloge de la vieillesse...
par Them
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