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Lundi 7 janvier 2008

Tard hier soir, valises et divers paquets en main, sous la bruine, je suis à la recherche des clefs de mon appartement. Passe un (encore un !) très vieux SDF, trainant ses méchants et innombrables sacs plastique*, qui me demande quelque pièce que je ne lui remets pas (trop difficile de tout planter là, dans les circonstances que je viens de dire, n'est-ce pas ?).

Il poursuit son chemin tout en s'indignant de ces gens qui rentrent des sports d'hiver, ont bu force champagne mais n'ont rien à donner à qui est dans la rue à point d'heure et n'a rien à manger.

Je bois, forcément, ma honte  (après le champagne allégué)...

Plus tard encore, j'ai cette fois l'oeil calé sur un articulet du Figaro : il y est question du "protégé" d'Issey Miyake, Kosuke Tsumura, qui serait un "alchimiste des matières" et ferait "un malheur avec son label "Final home" dont une parka à 44 poches pour survivre dans la rue". Le Figaro donne l'adresse internet du créateur, pensant bien (?) que d'aucuns voudront absolument cette parka hyper tendance.

De ce que j'ai compris, cet homme est en effet talentueux. Mais le site est en japonais. C'est peut-être pourquoi je n'ai pu trouver ni la parka ni son prix. C'est sans doute mieux ainsi : cela aurait pu me faire grincer des dents, et je n'aime pas.

Malgré tout, si quelqu'un trouve l'information, je prends !

_________________

* à suivre 

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Mardi 1 janvier 2008

Voyez mes voeux de l'an dernier. Ici, le 16 janvier 2007. Dès la semaine prochaine cela va sûrement recommencer.

Même notre Président, Kosy le Magnifique, a modérément innové dans ses voeux aux français et à la France en dépit des annonces qui, pour chauffer la salle, prédisaient qu'il allait faire la révolution dans le genre ; il a quand même lu vraiment très vite son texte - fallait s'accrocher ! - ignorant les fatigués du neurone et ceux pour qui le français reste langue étrangère...

Pour les voeux qui me sont adressés personnellement, je note, en outre, quelques changements : moins de cartes de voeux, plus de sms.

Tous identiques, ces sms. C'est sans doute qu'il est difficile de taper une "carte de voeux" personnelle à chacun de ses correspondants sur le clavier minuscule de son portable surtout si l'on veut lui confier que l'on a pensé à lui dès minuit, le 01/01, sans l'appeler ni le déranger ni se déranger d'ailleurs ; pour ce faire, il suffit de rédiger des voeux universels, et de les envoyer urbi et orbi d'un seul clic.

Mais quels voeux peuvent donc être fédérateurs, sans sous-entendu ni malentendu possible ? Le mieux étant l'ennemi du bien et surtout prise de tête, voici ce que cela donne :

Bonne année 2008.
Signé (prénom)
.

Ce raisonnement étant béton, mes correspondants l'ont tous fait, et m'ont donc envoyé le même message, au prénom près, réutilisable, moyennant légère modification, en 2009, 2010 etc.

Et je me prends à rêver qu'il s'agit en réalité des signes précurseurs de la mort de cette coutume, réduite à sa plus stupide expression et devenue manie, tic, TOC (trouble obsessionnel compulsif) ou vraiment toc (qui y croirait ?).

Vous devinez mon esquisse de sourire mais, comme dit ma concierge, "faut pas rêver" ... Bref :

Bonne année.
En
vérité.
Sans
hypocrisie.
Et vive la
politique de civilisation !
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Dimanche 30 décembre 2007


Elle est retrouvée!
— Quoi? — L’Éternité.
C’est la mer mêlée
Au soleil.

(Délires 2 Alchimie du verbe)

Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse!
 
(Mauvais sang)


Rimbaud,
Une saison en enfer
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Vendredi 28 décembre 2007

Oui, il y a des chacals dans la ville. Prenez un vélo, par exemple. Laissez-le dans la rue, attaché. Il peut être accidenté, roue en huit, ou quasi neuf. Aucune importance. Laissez-le. Longtemps. Et regardez. Un jour, le dépeçage commencera. Il pourra durer plusieurs semaines. A la fin, ce sera toujours la même chose : vous verrez, au pied d'un poteau, un vieux cadre rouillé ou, basculé au-dessus de quelque rembarde, un squelette ahuri dont quelque tripe ballante et desséchée rappelle la gloire passée.

 

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Jeudi 27 décembre 2007

"Deleuze prête à Beckett la pensée « la plus profonde » sur le voyage : « nous ne voyageons pas pour le plaisir de voyager, que je sache, nous sommes cons, mais pas à ce point »..."

Vacarme n°35 (printemps 2006).

Voici pour éclairer une phrase du billet hilarant de Francis Marmande dans le Monde du 27 décembre, qui a égayé, c'est vraiment peu dire, mon noir café matinal (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-993501,0.html). Ce n'est donc pas une citation de Beckett, c'est seulement un propos prêté (par Deleuze quand même) que Marmande rapporte à son tour, mais de façon tronquée, puisqu'il oublie "pour le plaisir"...

Au-delà de l'intérêt que je pouvais trouver à apprendre dans quel camp se trouvait Beckett en fait de voyages (voyager est-il guérir son âme ou non ?), j'ai noté que Marmande visait en écrivant son billet le très humble but d'"alimenter les conversations du 31 décembre" ; depuis je cherche qui, sinon les derniers des Mohicans, ceux qui partagent la joie ébouriffante d'une vie d'accumulation et de jouissance des choses de l'esprit, ira converser sur les références recommandées par Marmande.

J'ai beau rire, je dois avoir le blues, mais Marmande aussi, m'est avis. Courez le lire.

 

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Mercredi 26 décembre 2007

On se rappelle le "lien" entre Sarkozy et l'incarnation (par étymologie interposée, cf. ici même, Nicolas le bien nommé ? le 20 novembre dernier). Et voici que se fait maintenant le lien de l'Incarné avec une icône de l'incarnation, la femme (ex-mannequin) faite belle chair, certains esprits chagrins rapportant toutefois que ce serait dû à un lent et constant travail de chirurgie esthétique.

La ressemblance entre Cécilia et Carla dont se gargarisent (on se demande bien pourquoi) les médias serait-elle moindre qu'entre Nicolas et Carla ? 

Certains s'en doutent, et disent soupçonner derrière cette idylle alléguée un contrat "gagnant gagnant" dénué de romantisme (marketing, quand tu nous tiens...).

Dans ce cas, comme d'ailleurs dans mon hypothèse théologico-fantaisiste, la ressemblance n'a plus rien à voir avec les apparences... Le Président rendrait-il (presque) profonds les journalistes et, en général, ses chers compatriotes ? Quel homme !

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Mardi 25 décembre 2007
Autour de moi, ce ne sont que “ Aviez-vous lu Gracq ” ?
Euh, oui. Du moins Un beau ténébreux, Au château d'Argol, Le rivage des Syrthes, Un balcon en forêt, La forme d’une ville. Mais...
Ces textes ne m'ont laissé aucun souvenir ! Seulement celui d'une magnifique phrase... mais pas la moindre trace de métamorphose en moi, rien qui ait construit ma vie, aucune dette à son endroit, alors que tant d'autres écrivains, bien moins visionnaires, m'ont donné à voir.
 
Pourtant je me souviens.

Ce tenace goût de randonnées dans les Ardennes, cette certitude que la distinction habite leur forêt alors que “la côte” n’est que vulgarité, c’est Gracq. Et ce n'est assurément qu'un exemple. Le verbe s'est fait chair, la trace est là, la mémoire aussi, dans les replis des désirs du corps.

La dernière "actualité" de Gracq me l'apprend à nouveau : Gracq, c'est "le rythme même des saisons sylvestres, c’est l’accumulation subtile de petits détails exacts, de notations précises sur la vie naturelle, les arbres, les journées en forêt.", notait Claude Roy à propos d'Un balcon en forêt dans Libération au moment de sa parution (1958).

La distinction, c'était Gracq, pas les Ardennes. Bien informée d'ailleurs, la plume de
Nicolas Sarkozy a salué d'un communiqué la mort du grand homme le 23 décembre, auteur "lucide et visionnaire", homme "qui a cultivé au plus haut point les valeurs de la distinction et de la discrétion".

L'hommage (involontaire ou impudent) que le vice rend à la vertu ?

 

 
 
par Them publié dans : mes-aphorismes
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