Vendredi 21 juillet 2006
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Nous sommes souvent dans la dérision à propos de cette initiative ("Paris plage"), qui ressemble tant à l'idée de "mettre les villes à la campagne" , sommet d'humour absurde et profond comme les
meilleurs mots d'esprit. Mais connaît-on tant de campagnes (plages) qui ne soient pas en ville désormais ? Les bruits des voitures, les odeurs de merguez, les vendeurs de glace, les radios, les
portables frôlent partout les plages et lèchent les vagues ; du moins partout où de robustes dunes n'éloignent pas la "civilisation". Donc à peu près partout. C'est de cet oeil que j'ai longé ce
matin "Paris plage" ouvert depuis hier, rive droite, puis rive gauche, en passant par la récente passerelle S. de Beauvoir. J'ai vu une colonie de vacances et de douces petites filles sommées de
passer un bon moment sous les brumisateurs avant d'aborder la plage, une femme qui marchait, les pieds nus et nonchalente, vêtue d'un maillot de bain disgracieux qui ne dissimulait rien de son
corps disgracié. J'ai entendu des jeux, des rires et des cris d'enfants qui dominaient le fracas des voitures immobilisées, rageuses, sur les quais du dessus, des corps alanguis sur d'authentiques
transats, des photographes amateurs, des reporters TV, des oiseaux étonnés et peureux... J'ai vu une étonnante vieille femme qui arpentait la voie sur berge, lardée de bijoux, bronzée jusqu'à l'os,
endimanchée, son corps, mince et délabré, comme offert à qui veut. Je la connais : tous les dimanches, sur les quais livrés aux piétons, elle procède au même cérémonial, elle marche seule,elle
sourit, ravie, déçue, touchante. Elle arpentera Paris plage tous les matins, éperdue d'attente, pour sûr. Les plages offrent le même spectacle aux yeux scrutateurs. Un instant, j'ai cru sentir
l'air de la mer.
Par Them
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Vendredi 21 juillet 2006
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09:13
Etrange matinée sur France Culture et son 7/9 qui dit à Nicolas Demorand tout le bien qu'on pense de lui. Au détour de ce concert d'éloges, on entend comment cette étonnante chaine est trustée par
les normaliens et quel festival de diplômes s'y agite au quotidien. Les "chroniqueurs" se permettent même de raviver le souvenir de conflits ignorés de la plupart, Ulm contre St Cloud, le bon vieux
temps. Et le paradoxe (mais en est-ce un ?) est que cette même chaîne est celle qui a la plus grande capacité d'écoute, celle seule sur laquelle on entend la voix des "petits", des "sans grades"
aussi longtemps que nécessaire pour qu'ils disent ce qu'ils sont, ce qu'ils ont à dire, la seule chaîne sur laquelle ils ne sont pas la simple illustration des thèses de l'idéologie ambiante, le
drapeau brandi par les thuriféraires de telle ou telle toquade en preuve de leur prétendu ancrage dans la "réalité". Et si certains considèrent que j'exagère (je pense par exemple à ceux qui
prétendent que France Culture serait trustée "par les juifs", car je les ai entendus, ou par telle ou telle "idéologie"), ma parenthèse précédente suffit presque à les disqualifier. L'intelligence
et l'écoute sont forcément a-patrides, a-thées, pure ouverture aux autres. Si la chaine ne l'est pas assez, que l'on me cite celle qui l'est davantage ! Et que l'on me dise comment qui que ce soit
pourrait l'être "absolument" ! Je milite peu, mais si l'on menaçait France Culture de disparition, je serais dans la rue. Ma seule crainte est que Radio France ne s'en doute et ne fasse mourir
France Culture tout doucement, par microscopiques étapes. Déjà les émissions sont moins longues que naguère, où l'on n'hésitait pas à donner 3 heures à quelque auteur, acteur, artiste, grand
bonhomme. Mais bon, cela va encore... Reste une énigme : France Inter va-t-elle attirer les auditeurs des matins de France Culture ? Ce glissement contribue-t-il au noir dessein ? Je n'irai pas sur
France Inter... quelque regret que j'en éprouve pour le grand petit-Nicolas. (A suivre...)
Par Them
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Jeudi 20 juillet 2006
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14:39
La quantité infinie de savoirs étalés dans les média donne le vertige. Sans le recul dont pourtant il est facile de disposer, c'est à croire que tout est connu, tout se sait. Sauf que, depuis
trente ans seulement, tout a été dit et son contraire. J'ai en tête que si les nourrissons dorment sur le ventre, ils mourront. Il y a 30 ans, dormir sur le ventre était un gage certain de belle
nuit pour bébé. La sciatique a immobilisé naguère, aujourd'hui il faut bouger. Finalement, entre notre hyperscience et les errements de la période antérieure aux Lumières quelle différence?
Aujourd'hui tout est vrai, hier tout était signe. De la même façon, il se trouve toujours quelqu'un capable de démontrer ce que l'on veut. Triomphent ainsi les idéologies. Mais la vérité court
toujours. Et la sagesse derrière.
Par Them
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