Samedi 13 septembre 2008
Je n'aime pas les pigeons.
Banal.
Qui les aime ?
Sans doute quelques-uns, ceux dont la pauvre distraction quotidienne est de leur jeter des graines, de s'en croire aimés ce faisant ; il je veux bien respecter cela, qui n'oblige toutefois en rien à aimer les pigeons.
Banal.
Qui les aime ?
Sans doute quelques-uns, ceux dont la pauvre distraction quotidienne est de leur jeter des graines, de s'en croire aimés ce faisant ; il je veux bien respecter cela, qui n'oblige toutefois en rien à aimer les pigeons.
Or donc ces sales bêtes (pour dire le fond de ma pensée) me faisaient encore naguère l'impression d'être, en plus, immortels ! Ils sont (me disais-je) une congrégation de peaux dures, de durs-à-cuire (vous en voyez souvent, vous, des pigeons morts sur votre chemin ?), toujours gaillards, toujours prêts à piocher dans nos reliefs ou fienter sur nos bancs, une congrégation permanente, sans âge, jamais déplumée, édentée ou boiteuse.
Mais hier (honte soit sur moi) soudain, jubilation : j'ai vu un pigeon dont le battement d'ailes n'était plus suffisant à lui permettre de décoller du trottoir sur lequel il tournoyait comme toupie finissant sa course.
Comme ce n'était pas d'ivresse, c'était donc d'agonie.
Immortels les pigeons ?
Que nenni.
Je l'ai vu.
Ouf !
D'autres le regardaient aussi que j'ai rejoints ; aucun apitoiement, aucun secours esquissé, dois-je vous dire. Malgré leur sang chaud, ce sont de purs cafards pour nos coeurs (légitimement) courroucés contre cette sale engeance...
Et soudain cette pensée plus embarrassée : qu'en serait-il de l'homme sale et ivre qui tournoierait et roulerait à nos pieds ?