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Jeudi 4 octobre 2007

« HSBC renforce sa présence dans les principales villes de France au travers d'un habillage événementiel des bus et des tramways».

Vous avez vu passer ces bus ou ces tramways recouverts de la publicité HSBC. Forcément. Sans lire ?

Moi, j'ai lu ce matin ce qu'elle dit cette pub : « avoir l’esprit ouvert sur le monde, c’est comprendre les  différences de point de vue ». Comprendre cette pensée (ou d'autres de même farine) n'a longtemps été donné qu'à ceux qui étudiaient la philosophie.

Maintenant, ces pensées sont jetées en pâture, et servent d'appât. D'ailleurs, sont-ce des "pensées" ? Ouvrez vite un compte en banque ! Il n'y a que cela de vrai...

par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Mercredi 3 octobre 2007

Je rentre d'une escapade en Avignon. Dans le train, je gagne ma place, non sans la légère tension que procure le fait de savoir que le train est complet, ce qui garantit forcément des jambes durablement coincées, des conversations forcément intempestives et les criailleries des enfants forcément chagrins, tous ces petits empêchements qui font durer le voyage plus longtemps qu'il ne dure...

Et l'affaire s'engage aussi mal que possible, puisque "ma" place est en plus occupée (pourtant, d'un coup d'oeil, je l'avais trouvée plaisante, ma place) ; son occupant me propose de l'échanger avec la sienne, ce qui m'oblige à traverser plusieurs wagons car j'ai la courtoisie de ne pas refuser.

Me voilà donc longeant les rangées, et atterrissant sur un siège, qui-n'est-pas-dans-le-sens-de-la-marche grrr..., où je fais face à une femme assez laide qui s'acharne à dormir, les jambes incrustées dans l'espace prévu pour les miennes.

A côté de moi, un jeune abruti tripotant interminablement les manettes de son jeu vidéo, écouteurs rivés aux oreilles, fait face à un homme bien quelconque dont le visage est peint aux couleurs du drapeau français, joue droite et joue gauche. D'ailleurs la moitié du train lui ressemble.

Car le train est complet de ramener à Paris les spectateurs d'un match, et c'est la coupe du monde de rugby. Ce voyage confirme qu'il est candidat sérieux au palmarès des petites catastrophes de ma vie.

Quelques moments plus tard, le spectateur du match et moi engageons la conversation, et je ne peux pas vous dire qui l'a commencée. Paris l'a arrêtée.

C'est que j'ai vu tout en causant disparaître d'abord les peintures guerrières, doucement frottées pour effacer la honte de s'être ainsi fardé, puis apparaître un élégant sourire dans un visage subtilement pétri d'humanité et de finesse ; nous avons échangé sur son plaisir de s'être laissé entraîner à jouer les supporteurs sans raison assignable, lui qui ne connait rien au rugby ; d'ailleurs, il n'a pas compris (moi non plus) pourquoi la France ne pourrait au mieux que terminer en troisième position... Nous sommes rapidement partis vers d'autres rives, celles de sa vie, de cet ailleurs quotidien qu'est l'architecture où il jouit d'un nom (que je ne vous livre pas, bien entendu) et à laquelle il donne sans compter.

Ou bien le train est magique ou bien il est divin (cf. La cigarette, le train et la grâce, ici-même le 29/08/2007). Sinon quoi ? Et vive le rugby.


par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Jeudi 27 septembre 2007
Mon chat est tatillon. Il défend son périmètre avec une méticulosité qui m'ébahit ; selon que je suis sur "mon territoire" ou sur "le sien" (mettons que je partage usuellement l'oreiller avec lui) je reçois douceur et ronrons ou coups de griffes, gestes de la séduction ou coups de semonce.



C'est au centimètre près, maintenant que la négociation sur la frontière est ancienne, bien figée, et qu'il est vieillissant.

A considérer la chose de plus près cette nuit, et après un nouveau moment délicieux de séduction ronron, je m'aperçois que le maudit chat est vieillissant certes, mais toujours attentif ; la paix entre nous n'est pour lui qu'armistice temporaire et très peu sacralisé : l'abominable hypocrite grignote les centimètres carrés.

Me vient l'envie de faire le lien avec ce portrait de l'entrepreneur en "prédateur" décrit par l'économiste que je lisais hier soir. Ce rapprochement qui assigne au cerveau "reptilien" l'aptitude aux affaires du chevalier d'industrie me plait bien (supposé que "reptilien" existe toujours pour décrire les couches les plus primitives de l'activité mentale : car comment donner au chat un cerveau d'importance ?). Il dit qu'il n'y a vraiment pas de quoi diviniser le chevalier, comme les poètes l'ont de longue date noté. Mais quelque chose me dit qu'il est souhaitable de le rappeler par ces temps d'admiration béate des fortunes marchandes !
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Lundi 24 septembre 2007
Mon "compteur" est au beau fixe et je ne manque pas de lecteurs. Mais... "un blog sans commentaires équivaut à peu près à s'étendre sur la plage un jour de pluie" dit JM Aphatie(*), blogueur autrement plus célèbre  (c'est très peu dire) que moi.

Alors ?

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(*) http://blogs.rtl.fr/aphatie/
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Dimanche 23 septembre 2007
Sortant de la gare Montparnasse, m'envahit l'autre jour un bonheur dont je me demande d'où il vient. Et voici ce que je découvre (avec un imprudent ravissement) : quel bonheur d'être certain de son intelligence, certain que si je ne comprends pas c'est, au choix, parce que je n'ai fait aucun effort à cette fin (comment m'orienter dans la ville, quelle est la nature du régime iranien...)  ou que celui qui me parle ne sait pas très bien lui-même quelle est son idée -ou prétendue telle- !

Bonheur aussitôt tempéré par le souvenir que je n'ai ni instinct ni génie. Que je n'en aurai jamais. Aurais-je pu peindre la corrida comme le font Picasso ou Goya, écrire comme Spinoza que "nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels" (etc., l'affaire, qui ne concerne pas que moi, est bien connue, ne développons pas) ?

Etre intelligent c'est peu de choses : c'est tout juste bien utile dans la vie courante, un rien davantage dans la vie professionnelle, pour mesurer ses efforts au plus juste, au plus près du goût pour la paresse qui taraude...

Cette intimité entre intelligence et production se devine d'ailleurs dans l'importance accordée au QI par les recruteurs. Si l'intelligence permet d'économiser ses forces, elle permet aussi de faire produire tellement plus et tellement mieux ; et c'est bien, la productivité, dit l'économie moderne en se frottant les mains !

Mais le veulent-ils, ces parents qui se glorifient du QI de leur petit dernier ?  Mais le savent-ils ?

L'esprit souffle ailleurs.


par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Samedi 22 septembre 2007
Deux adresses magnifiques :
http://www.lesitedefrancis.blogspot.com/
http://francois-matton.over-blog.com/A bon entendeur !
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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Samedi 22 septembre 2007
Les multinationales du tabac ont perdu de leur superbe, c'est le moins que l'on puisse dire, grâce aux plaintes déposées par leurs victimes. Cela a pris du temps. Beaucoup. Et fini par réussir. Et au-delà des espérances, jusqu'à l'absurdité. Que je dénonce volontiers. Dernière dénonciation en date, à laquelle je m'associe vigoureusement : celle d'un médecin qui regrette la torture moralisatrice infligée aux condamnés, errant dans les couloirs de son hôpital, que même une cigarette ne peut plus aider, au motif définitif que "fumer tue".
Cela ne m'empêche pas de me fendre d'un irrépressible sourire en apprenant que les constructeurs automobiles japonais viennent d'accepter de verser des indemnités à 520 habitants de Tokyo souffrant de problèmes respiratoires, ou comme "d'automobilisme passif". Leurs plaintes dataient de plus de dix ans.
"Ah je ris" d'imaginer mes arrière-petits enfants déambulant dans les rues de nos villes devenues silencieuses, dépouillées des poteaux et fortifications qui les hérissent (interdiction de stationner, sens interdit, murailles anti stationnement, etc.), fumant peut-être tranquillement une cigarette délicieusement humée dans l'air pur !
par EAp publié dans : mes-aphorismes
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