Samedi 31 mai 2008
Je revois mon père et mon étonnement d'enfant impétueux devant sa patience infinie à démêler les noeuds les plus gordiens. Aucun ne lui résistait, question de temps, de calme, de "tempérament".
Ce qui lui permettait aussi de ranger, classer et ordonner les choses que n'importe quel Alexandre aurait jetées ou tranchées.
Et voilà que je constate que j'ai hérité (faute de pouvoir dire héréditer !) de la même patience et que c'est don du ciel quotidien : moi, l'être nomade, bardé de téléphones, de PC portable, d'ipod, de recharges, kit oreillettes, écouteurs, constamment branché sur les réseaux (le net si bien nommé), que deviendrais-je sans cet héritage ? Tous les jours la pelote des écouteurs et des prises, lovée dans mes poches, mes sacs ou mes valises défie ma patience et exige sérénité : impossible de trancher n'est-ce pas ?
Quelle colère ne m'empoignerait pas sans cette divine inclination ! De fait, elle m'étreint, contre moi-même aussi : pourquoi donc les fabricants s'ingénient-ils à nous fournir des appareils dont les accessoires créent forcément ce plat de nouilles entortillées ? Veulent-ils désigner notre modernité, dire l'esclavage qu'elle cache, ma bêtise d'avoir cédé à leur séduction ? Mes doigts méticuleux démêlent - merci mon père - tandis que mon esprit s'emmêle. Je projette parfois le remplacement de tout ce fatras par un unique objet qui serait au moins mon PC mes deux téléphones mon lecteur MP3 et que sais-je encore, et puis non ! C'est qu'il me garrotterait plus encore ; le noeud ne serait plus dans mes mains, je serais le noeud, sans possibilité de me désentortiller. Imaginez la panne insoluble, à l'autre bout du monde où pourtant je ne vais jamais ! Plus rien, plus de lien, une infâme mainmise !
Et voilà que je constate que j'ai hérité (faute de pouvoir dire héréditer !) de la même patience et que c'est don du ciel quotidien : moi, l'être nomade, bardé de téléphones, de PC portable, d'ipod, de recharges, kit oreillettes, écouteurs, constamment branché sur les réseaux (le net si bien nommé), que deviendrais-je sans cet héritage ? Tous les jours la pelote des écouteurs et des prises, lovée dans mes poches, mes sacs ou mes valises défie ma patience et exige sérénité : impossible de trancher n'est-ce pas ?
Quelle colère ne m'empoignerait pas sans cette divine inclination ! De fait, elle m'étreint, contre moi-même aussi : pourquoi donc les fabricants s'ingénient-ils à nous fournir des appareils dont les accessoires créent forcément ce plat de nouilles entortillées ? Veulent-ils désigner notre modernité, dire l'esclavage qu'elle cache, ma bêtise d'avoir cédé à leur séduction ? Mes doigts méticuleux démêlent - merci mon père - tandis que mon esprit s'emmêle. Je projette parfois le remplacement de tout ce fatras par un unique objet qui serait au moins mon PC mes deux téléphones mon lecteur MP3 et que sais-je encore, et puis non ! C'est qu'il me garrotterait plus encore ; le noeud ne serait plus dans mes mains, je serais le noeud, sans possibilité de me désentortiller. Imaginez la panne insoluble, à l'autre bout du monde où pourtant je ne vais jamais ! Plus rien, plus de lien, une infâme mainmise !