Les vacances sont désormais obligatoires. On dit en Italie "è d'obbligo" si l'on n'a pas le choix de faire ou de ne pas faire. Et tel est bien le cas des vacances. Elles doivent nécessairement occuper les congés de toute personne dont la position sociale est convenable. Tout a commencé en France avec l'été 1936. J'entends dire que la revendication des gens n'était alors pas là. Ils ne demandaient pas tant des congés (inconnus, pourquoi les auraient-ils désirés ?) que de meilleures conditions de travail et sans doute de meilleurs salaires. Les congés payés sont arrivés comme le bonheur, c'est-à-dire ce qui advient de surcroît, qui, sans avoir été ni attendu ni recherché, comble celui qu'il touche. Et naturellement, les congés sont devenus désirables, puisque chacun court après le bonheur. Et voilà que nous nous sommes transformés en ces hordes se déplaçant sur les routes en voitures brinquebalantes, aujourd'hui en avions, TGV, etc. vers des lieux que la publicité enrobe de charme... et retrouvant là l'ennui qui nous envahissait ici.
Que celui qui n'a jamais été déçu par ses vacances (après solide introspection) me jette la première pierre !
Aujourd'hui, les vacances sont devenues le casse-tête dont tous les solitaires font leur souffrance majeure de l'été, dès lors qu'ils en ont mesuré les limites d'expérience. Ils n'oseraient pas "rentrer au bureau" et dire qu'ils sont restés chez eux pendant leurs congés !
Je dois à MH de m'avoir soufflé cette idée qui mûrissait doucement sans se dire. Son blog est forcément à lire, http://hillmar.blogspot.com/
Rien n'interdit naturellement de calculer tout ce que le PIB doit au tourisme et de traiter d'imbecile le rédacteur de ces lignes. Mais est-il bien nécessaire d'être, aussi en vacances, le petit travailleur infatigable qui augmente la productivité nationale ?
par EAp
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