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Dimanche 23 septembre 2007
Sortant de la gare Montparnasse, m'envahit l'autre jour un bonheur dont je me demande d'où il vient. Et voici ce que je découvre (avec un imprudent ravissement) : quel bonheur d'être certain de son intelligence, certain que si je ne comprends pas c'est, au choix, parce que je n'ai fait aucun effort à cette fin (comment m'orienter dans la ville, quelle est la nature du régime iranien...)  ou que celui qui me parle ne sait pas très bien lui-même quelle est son idée -ou prétendue telle- !

Bonheur aussitôt tempéré par le souvenir que je n'ai ni instinct ni génie. Que je n'en aurai jamais. Aurais-je pu peindre la corrida comme le font Picasso ou Goya, écrire comme Spinoza que "nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels" (etc., l'affaire, qui ne concerne pas que moi, est bien connue, ne développons pas) ?

Etre intelligent c'est peu de choses : c'est tout juste bien utile dans la vie courante, un rien davantage dans la vie professionnelle, pour mesurer ses efforts au plus juste, au plus près du goût pour la paresse qui taraude...

Cette intimité entre intelligence et production se devine d'ailleurs dans l'importance accordée au QI par les recruteurs. Si l'intelligence permet d'économiser ses forces, elle permet aussi de faire produire tellement plus et tellement mieux ; et c'est bien, la productivité, dit l'économie moderne en se frottant les mains !

Mais le veulent-ils, ces parents qui se glorifient du QI de leur petit dernier ?  Mais le savent-ils ?

L'esprit souffle ailleurs.


par EAp publié dans : mes-aphorismes
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