21h30. A la caisse du monoprix. Le client qui me suit paie ses achats avant que je n'aie réussi à emballer la totalité des miens. Il quitte la caisse. Tout soudain, la caissière ajoute à l'un de mes paquets un boursin qui ne m'appartient pas. Le geste (pourtant furtif) ne m'ayant (hélas) pas échappé, je décline l'offre et restitue l'objet. Nanoseconde d'honnêteté funeste, à ce que je comprends lorsque la caissière me confie d'une voix lasse qu'elle n'a vraiment pas envie de descendre remettre en rayon ce fromage.
Je sors et par chance retrouve le client, sur qui je teste l'hypothèse somme toute vraisemblable que ce boursin est son boursin. Il ignore ma pitié pour la si maladroite caissière, ne soupçonnant forcément pas le "on ne m'y reprendra plus" qui me hante.
L'étourdi est si ravi de l'affaire qu'il plante là son vélo déjà dépourvu d'antivol et court chercher le fromage. Version hilarante (?) et imaginée de la fin de l'histoire : il revient, boursin triomphal en main, constater la disparition du vélo. Mais je n'ai pas attendu cette possible occasion de voir mon cycliste frappé de stupeur, bras ballants, boursin roulant à terre.
J'ai poursuivi mon chemin, ratiocinant sur les si fragiles limites du bien et du mal, en pensées, en paroles et en actions. Des minimalia, vous dis-je !