Internet c'est, sinon la fin des notables culturels, du moins celle de leur rôle de trompettistes exclusifs de la renommée. Le sérieux et la qualité d'un auteur ou d'une oeuvre ne sont plus ce que l'on garantit (parce qu'on est membre de telle Académie), mais ce qui résulte du nombre, puisque les moteurs de recherche classent d'abord par quantité. Et ces winners sont d'autant plus encensés qu'ils se sont justement imposés sans nos verts garants.
(cf. http://www.koreus.com/media/kamini-marly-gomont.html
à titre d'exemple imbattable et que personne ne me suspectera de colporter ici uniquement par goût).
Les célébrités issus de la blogosphère ne sont-elles pas ces gens sur qui les médias s'engagent prudemment pour ne plus jamais rater le moindre kamini, mais qui n'auraient, en d'autres temps, été au mieux que de pauvres auteurs à compte d'auteur (*) ?
C'est donc la fin de la médiation culturelle, la fin des animateurs, des éditeurs, des libraires... au profit du moi-mon-intuition-je-pense-que et du va-donc-voir-son-site. Devant ce magma, pour les sujets complexes, on se félicite d'avoir eu l'occasion de faire quelques études...
Personne d'ailleurs ne pleure de voir comme rabotés ces leaders d'opinion que leur morgue aurait dû étouffer, car au fait, m'auraient-ils publié ? Bien sûr que non ! Eh bien je me fais ce plaisir et cet honneur à moi-même. Na ! Et c'est gratuit.
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(*)Pour l'histoire de l'édition à compte d'auteur et ses "ACA" (auteurs à compte d'auteur), lire l'admirable analyse qui court dans les marges du roman Le Pendule de Foucault (Il pendolo di Foucault), Umberto Eco 1988. Si le reste de cet article est un peu brouillé, ce conseil au moins est clair : relisez Le Pendule de Foucault.
par EAp
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