Eléphant, girafe, fourmis, acacia et Nano, voici sous forme "à la Prévert" un cocktail de lectures récentes : celle de la revue "
Science" du 11 janvier dernier et celle de l'annonce de l'arrivée prochaine sur le marché d'une voiture indienne (la Nano) à 1700 euros, délicat recueil de nos
embarras (du moins des miens, mais que celui qui...
me jette la première pierre).
Dans un cas je déplore comme tout un chacun le sort probable des acacias et des fourmis si les éléphants et les girafes disparaissaient (or nous pouvons parier sans risque sur leur disparition
prochaine) et, en chaîne, la fragilité du monde fondé sur un équilibre menacé, dans l'autre je me réjouis de savoir qu'il va enfin exister de nouveau des voitures accessibles à (presque)
tous les budgets. Et quitte à déambuler dans les vagues pensées du réveil, je commencerais presque à imaginer comment en faire l'acquisition... parce que, décidément, pour ce prix, je veux bien
renoncer à l'inconfort de mon vélo.

J'ai longtemps rêvé d'être suffisamment "riche" pour n'avoir plus de voiture, petit paradoxe qui se résout lorsqu'on sait que seuls les pauvres en ont besoin, qui vivent loin des centres urbains,
écartés par le marché de l'immobilier des commodités de transport. Mais j'ai bien aperçu aussi que ce serait fâcheux pour notre respiration collective si chacun, d'un simple clic sur carte
bancaire, pouvait s'offrir un véhicule personnel. Transportons-nous dans les pays surpeuplés qui commencent leur "modernité" économique : la Nano sera bénédiction et le monde peut bien
exploser.
On y va.
Inéluctablement.
Gaiement ?
Presque.
Oui, allons y gaiement, et faison la voiture de l'avenir ... mais ... l'avenir n'est pas la voiture ...