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Dimanche 8 juin 2008
Quelque part dans ses Annales Tacite dit que  "plus l'Etat est corrompu, plus il y a de lois."  Au poids (de nos Codes) je crains le pire.
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Samedi 31 mai 2008
Je revois mon père et mon étonnement d'enfant impétueux devant sa patience infinie à démêler les noeuds les plus gordiens. Aucun ne lui résistait, question de temps, de calme, de "tempérament". Ce qui lui permettait aussi de ranger, classer et ordonner les choses que n'importe quel Alexandre aurait jetées ou tranchées.
Et voilà que je constate que j'ai hérité (faute de pouvoir dire héréditer !) de la même patience et que c'est don du ciel quotidien : moi, l'être nomade, bardé de téléphones, de PC portable, d'ipod, de recharges, kit oreillettes, écouteurs, constamment branché sur les réseaux (le net si bien nommé), que deviendrais-je sans cet héritage ? Tous les jours la pelote des écouteurs et des prises, lovée dans mes poches, mes sacs ou mes valises défie ma patience et exige sérénité : impossible de trancher n'est-ce pas ?
Quelle colère ne m'empoignerait pas sans cette divine inclination ! De fait, elle m'étreint, contre moi-même aussi : pourquoi donc les fabricants s'ingénient-ils à nous fournir des appareils dont les accessoires créent forcément ce plat de nouilles entortillées ? Veulent-ils désigner notre modernité, dire l'esclavage qu'elle cache, ma bêtise d'avoir cédé à leur séduction ? Mes doigts méticuleux démêlent - merci mon père - tandis que mon esprit s'emmêle. Je projette parfois le remplacement de tout ce fatras par un unique objet qui serait au moins mon PC mes deux téléphones mon lecteur MP3 et que sais-je encore, et puis non ! C'est qu'il me garrotterait plus encore ; le noeud ne serait plus dans mes mains, je serais le noeud, sans possibilité de me désentortiller. Imaginez la panne insoluble, à l'autre bout du monde où pourtant je ne vais jamais ! Plus rien, plus de lien, une infâme mainmise !

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Mercredi 6 février 2008

Ce matin j'entends parler du momentum, à tout bout de champ, à propos des résultats du "super tuesday". Contrairement à ce que je pensais, momentum, en anglais (si l'on peut dire), n'évoque pas le moment et le temps, mais le mouvement, l'élan. C'est la "quantité de mouvement" des physiciens qui, avec l'accélération, sur un plan incliné, fait boule de neige (en février c'est normal). 

C'est, par métaphore, l'élan ou la victoire qui vole au secours de la victoire. 

Et moi qui croyais que les commentateurs américains attribuaient sa victoire à celui (celle) qui avait pu le mieux saisir le "kairos" (moment opportun)  ! Que nenni ! Ne confondez pas le kairos et le momentum

Aux yeux de mes spécialistes des élections, les candidats dansent avec leurs électeurs, leur promettent un temps-qui-vient aux couleurs de leurs rêves mais ne songent pas du tout à s'emparer du "kairos"... Les candidats sont boules qui roulent et, momentum aidant, amassent plus ou moins. Un élan les pousse, d'autant plus fort qu'il a déjà été confirmé dans la primaire précédente, d'autant plus appuyé qu'il a déjà réussi... 

Décidément, le Nouveau Monde raisonne (compte) en poids et mesure, en  mouvement, en accumulation, en richesse ; d'ailleurs on n'y prête qu'aux riches et la victoire y va à la victoire. Le moment opportun, mon intraduisible kairos grec sont vraiment enracinés dans notre très vieille Europe. J'aurais dû m'en douter. Mais voici qu'aussitôt je me demande qui connaît encore ici le kairos (et Aristote...) et quel rôle il conserve dans la vie publique. 

My God !

par Them publié dans : mes-aphorismes
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Dimanche 13 janvier 2008
Eléphant, girafe, fourmis, acacia et Nano, voici sous forme "à la Prévert" un cocktail de lectures récentes : celle de la revue "Science" du 11 janvier dernier et celle de l'annonce de l'arrivée prochaine sur le marché d'une voiture indienne (la Nano) à 1700 euros, délicat recueil de nos embarras (du moins des miens, mais que celui qui... me jette la première pierre).

Dans un cas je déplore comme tout un chacun le sort probable des acacias et des fourmis si les éléphants et les girafes disparaissaient (or nous pouvons parier sans risque sur leur disparition prochaine) et, en chaîne,  la fragilité du monde fondé sur un équilibre menacé, dans l'autre je me réjouis de savoir qu'il va enfin exister de nouveau des voitures accessibles à (presque) tous les budgets. Et quitte à déambuler dans les vagues pensées du réveil, je commencerais presque à imaginer comment en faire l'acquisition... parce que, décidément, pour ce prix, je veux bien renoncer à l'inconfort de mon vélo.

J'ai longtemps rêvé d'être suffisamment "riche" pour n'avoir plus de voiture, petit paradoxe qui se résout lorsqu'on sait que seuls les pauvres en ont besoin, qui vivent loin des centres urbains, écartés par le marché de l'immobilier des commodités de transport. Mais j'ai bien aperçu aussi que ce serait fâcheux pour notre respiration collective si chacun, d'un simple clic sur carte bancaire, pouvait s'offrir un véhicule personnel. Transportons-nous dans les pays surpeuplés qui commencent leur "modernité" économique : la Nano sera bénédiction et le monde peut bien exploser.

On y va.
Inéluctablement.

Gaiement ?
Presque.
 
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Mardi 1 janvier 2008

Voyez mes voeux de l'an dernier. Ici, le 16 janvier 2007. Dès la semaine prochaine cela va sûrement recommencer.

Même notre Président, Kosy le Magnifique, a modérément innové dans ses voeux aux français et à la France en dépit des annonces qui, pour chauffer la salle, prédisaient qu'il allait faire la révolution dans le genre ; il a quand même lu vraiment très vite son texte - fallait s'accrocher ! - ignorant les fatigués du neurone et ceux pour qui le français reste langue étrangère...

Pour les voeux qui me sont adressés personnellement, je note, en outre, quelques changements : moins de cartes de voeux, plus de sms.

Tous identiques, ces sms. C'est sans doute qu'il est difficile de taper une "carte de voeux" personnelle à chacun de ses correspondants sur le clavier minuscule de son portable surtout si l'on veut lui confier que l'on a pensé à lui dès minuit, le 01/01, sans l'appeler ni le déranger ni se déranger d'ailleurs ; pour ce faire, il suffit de rédiger des voeux universels, et de les envoyer urbi et orbi d'un seul clic.

Mais quels voeux peuvent donc être fédérateurs, sans sous-entendu ni malentendu possible ? Le mieux étant l'ennemi du bien et surtout prise de tête, voici ce que cela donne :

Bonne année 2008.
Signé (prénom)
.

Ce raisonnement étant béton, mes correspondants l'ont tous fait, et m'ont donc envoyé le même message, au prénom près, réutilisable, moyennant légère modification, en 2009, 2010 etc.

Et je me prends à rêver qu'il s'agit en réalité des signes précurseurs de la mort de cette coutume, réduite à sa plus stupide expression et devenue manie, tic, TOC (trouble obsessionnel compulsif) ou vraiment toc (qui y croirait ?).

Vous devinez mon esquisse de sourire mais, comme dit ma concierge, "faut pas rêver" ... Bref :

Bonne année.
En
vérité.
Sans
hypocrisie.
Et vive la
politique de civilisation !
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Dimanche 30 décembre 2007


Elle est retrouvée!
— Quoi? — L’Éternité.
C’est la mer mêlée
Au soleil.

(Délires 2 Alchimie du verbe)

Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse!
 
(Mauvais sang)


Rimbaud,
Une saison en enfer
par Them publié dans : mes-aphorismes
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Vendredi 28 décembre 2007

Oui, il y a des chacals dans la ville. Prenez un vélo, par exemple. Laissez-le dans la rue, attaché. Il peut être accidenté, roue en huit, ou quasi neuf. Aucune importance. Laissez-le. Longtemps. Et regardez. Un jour, le dépeçage commencera. Il pourra durer plusieurs semaines. A la fin, ce sera toujours la même chose : vous verrez, au pied d'un poteau, un vieux cadre rouillé ou, basculé au-dessus de quelque rembarde, un squelette ahuri dont quelque tripe ballante et desséchée rappelle la gloire passée.

 

par Them publié dans : mes-aphorismes
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